L’Ostéopathie animale, par Jérôme Legraverant, Ostéopathe animalier et enseignant en pratique ostéopathique à l’ESAO.
Il s’agit en fait d’aborder la vie, de questionner le corps, en respectant certains principes ou préceptes. L’Ostéopathie, au sens étymologique, a pour origine les mots grecs osteos (os) et pathos (maladie). Selon Andrew Taylor Still, fondateur de la discipline en 1870, qui, en l’empruntant aux indiens, en a défini les principes fondamentaux, l’ostéopathie est une méthode de soin à part entière et une philosophie.
L’Ostéopathie impose de garder à l’esprit que le corps est un tout, une unité. Chaque partie fonctionne pour et par l’ensemble. L’ostéopathe doit rechercher dans tout le corps, pourquoi le symptôme est apparu, corriger ce qui est nécessaire et laisser faire l’homéostasie, c’est-à -dire le pouvoir du corps à s’autoguérir en l’aidant à retrouver son équilibre.
L’ostéopathie ne se limite pas au structurel (faire craquer), qui n’est qu’une technique parmi tant d’autres. L‘ostéopathe travaille aussi sur le viscéral, le crânien, le système vasculaire, lymphatique, neurologique, musculo squelettique… sur toutes les structures du corps. La main habile sait que seul le tissu dirige et le forcer pourrait mettre en danger l’intégrité du corps.
Cela lui confère un champ d’action très vaste, permettant alors, en établissant systématiquement un diagnostic précis, d’aborder des pathologies parfois très complexes si sa main éduquée connaît parfaitement son travail. Pour cela, elle aura dû apprendre l’anatomie en détail, la biomécanique, mais surtout être capable de sensations fines suite à un long apprentissage. Rappelons que si l’ostéopathie peut tout soigner, elle ne peut tout guérir.
D’où l’intérêt de formations fiables, cadrées, suffisamment longues pour permettre un apprentissage suffisant de la main, des techniques ostéopathiques d’investigation et de correction ainsi que de la philosophie propre à la discipline. On ne peut pas improviser, c’est un travail précis à hautes responsabilités, car un mauvais praticien peut blesser votre cheval. Le praticien compétent saura aussi avouer que la vie dépasse parfois ses compétences (ou connaissances) et orienter alors le patient vers le vétérinaire, puisque sa méthode, d’abord différente de la même pathologie, est souvent un complément indispensable pour un haut niveau de soin.
Ainsi, l’ostéopathe pourra soigner un grand nombre de pathologies, même si parfois, cela n’est que pour amener du confort. Quotidiennement, nous sommes amenés sur le terrain à soigner, voire détecter, des problèmes tels que les boiteries, tendinites, notamment chroniques… des blocages lombaires engendrant des coliques par relations vasculo-nerveuses. Mais cela fonctionne aussi dans l’autre sens. Suite à une colique de spasme par exemple, il est fréquent de retrouver des lombalgies à long terme venant compenser le problème initial par les mêmes rapports anatomiques. Il faudra alors normaliser la dysfonction viscérale pour corriger durablement la dorsalgie (de façon générale) puisque cette dernière n’est alors qu’une conséquence. Comme un cheval se montrant, de façon irrégulière, caractériel, peut en fait être sujet à des maux de tête ou à des troubles hormonaux, des douleurs articulaires, des allergies,..
Concrètement, à partir du moment, où votre animal modifie sa manière de travailler ou son comportement, il se pourra que le passage de l’ostéopathe soit fortement conseillé. En effet, de la naissance, lorsque tout n’est pas encore ossifié, jusqu’à la fin de la vie, l’ostéopathie permet au corps de mieux vivre en lui permettant de garder, trouver ou retrouver son équilibre. On préserve ainsi la qualité de vie en permettant au cheval de garder des solutions d’adaptation, et donc de vie.
Afin de maintenir votre animal en parfaite santé, je conseille un suivi sur votre cheval 2 à 3 fois par an et en cas de problème ou de modification de comportement. Le cheval étant un animal de fuite, le soin doit se faire en douceur. Nous ne sommes pas des magiciens, mais un bon praticien arrive souvent à obtenir des résultats spectaculaires. Nos animaux sont sensibles et nécessitent une approche douce, honnête et franche si l’on veut que le résultat soit là et de façon durable.
Pour en savoir plus sur l’ostéopathie animale :









