Boswellia cheval : intérêt pour la digestion et l’inflammation digestive

Boswellia cheval : intérêt pour la digestion et l’inflammation digestive

Catégories : SANTE DU CHEVAL

Boswellia chez le cheval : quel intérêt pour soutenir le confort digestif et limiter l’inflammation intestinale ?

Introduction

La santé digestive est l’un des piliers du bien-être et des performances du cheval. Qu’il vive au pré, en centre équestre ou qu’il participe à des compétitions, son appareil digestif est soumis quotidiennement à de nombreuses contraintes : alimentation parfois trop riche en amidon, changements de ration, transport, stress, traitements médicamenteux ou encore efforts physiques intenses.

Ces différents facteurs peuvent perturber l’équilibre digestif et favoriser l’apparition de troubles plus ou moins importants : ulcères gastriques, inflammation intestinale, déséquilibre du microbiote, diarrhées chroniques, baisse d’état ou diminution des performances sportives.

Depuis quelques années, la recherche vétérinaire s’intéresse de plus en plus au rôle de l’inflammation chronique de faible intensité dans ces troubles digestifs. Cette inflammation, parfois silencieuse, pourrait expliquer certaines contre-performances ou sensibilités digestives chez des chevaux pourtant correctement alimentés.

Dans ce contexte, plusieurs plantes médicinales font l’objet d’études scientifiques. Parmi elles, la Boswellia serrata, également appelée encens indien, suscite un intérêt croissant grâce à ses propriétés anti-inflammatoires largement documentées chez l’Homme et dans différents modèles animaux.

Chez le cheval, les recherches sont encore limitées, mais les premiers résultats sont encourageants. Ils laissent penser que la Boswellia pourrait contribuer à soutenir la réponse inflammatoire de l’organisme, notamment lors de situations où le système digestif est fortement sollicité.

Il est toutefois important de rappeler qu’à ce jour, aucune étude clinique ne permet d’affirmer que la Boswellia traite les maladies digestives du cheval. Les connaissances actuelles suggèrent plutôt un intérêt potentiel comme soutien nutritionnel, intégré dans une prise en charge globale comprenant une alimentation adaptée, une gestion du stress et un suivi vétérinaire lorsque cela est nécessaire.

Dans cet article, nous faisons le point sur les connaissances scientifiques disponibles afin de mieux comprendre les mécanismes d’action de la Boswellia et son intérêt potentiel pour préserver le confort digestif du cheval.

En bref : la Boswellia chez le cheval

La Boswellia serrata est une plante étudiée pour ses propriétés anti-inflammatoires naturelles, principalement liées aux acides boswelliques qu’elle contient. Chez le cheval, son intérêt potentiel concerne le soutien de l’équilibre inflammatoire de l’organisme, notamment lors de périodes de stress, d’effort intense ou de sollicitations importantes.

Les recherches actuelles montrent que la Boswellia agit notamment sur la voie de la 5-lipoxygénase (5-LOX) et la production de certains médiateurs inflammatoires appelés leucotriènes. Cette action pourrait présenter un intérêt dans une approche globale visant à préserver le confort digestif du cheval.

Cependant, les études scientifiques spécifiques au cheval restent encore limitées. La Boswellia ne constitue pas un traitement des ulcères, coliques ou maladies digestives, mais plutôt un complément nutritionnel pouvant accompagner une bonne hygiène digestive, associée à une alimentation adaptée, un apport suffisant en fourrage et une gestion correcte du stress.

À retenir :

  • ✅ Plante riche en acides boswelliques aux propriétés anti-inflammatoires étudiées.
  • ✅ Peut contribuer au soutien de l’équilibre inflammatoire chez le cheval.
  • ✅ Intéressante dans une stratégie globale de confort digestif.

⚠️ Ne remplace pas un diagnostic ou un traitement vétérinaire.

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Qu’est-ce que la Boswellia ?

La Boswellia est un arbre appartenant à la famille des Burseraceae. Plusieurs espèces existent dans le monde, mais celle qui est la plus étudiée en phytothérapie est Boswellia serrata, originaire principalement d’Inde.

Depuis plus de trois mille ans, sa résine est utilisée dans la médecine ayurvédique pour soulager différentes affections inflammatoires.

Cette résine est récoltée directement sur le tronc de l’arbre. Après séchage, elle est transformée en poudre ou en extrait standardisé destiné à un usage alimentaire ou médicinal.

Les principaux composés actifs de la Boswellia sont les acides boswelliques, dont les plus étudiés sont :

  • l’acide β-boswellique ;
  • l’acide acétyl-β-boswellique ;
  • l’acide 11-kéto-β-boswellique (KBA) ;
  • l’acide acétyl-11-kéto-β-boswellique (AKBA).

Parmi eux, l’AKBA est considéré comme l’un des composés les plus actifs sur le plan biologique. De nombreuses études montrent qu’il agit sur plusieurs voies impliquées dans les phénomènes inflammatoires.

Contrairement à certains anti-inflammatoires classiques, les acides boswelliques ne semblent pas agir principalement sur les cyclo-oxygénases (COX), mais plutôt sur la voie des leucotriènes via l’inhibition de l’enzyme 5-lipoxygénase (5-LOX). Cette particularité explique l’intérêt grandissant porté à cette plante dans les maladies inflammatoires chroniques.

À retenir

La Boswellia n’est pas une plante digestive au sens traditionnel du terme. Son intérêt réside principalement dans sa capacité à moduler certaines voies de l’inflammation, susceptibles d’intervenir également dans le fonctionnement du tube digestif.


Pourquoi la santé digestive est-elle si importante chez le cheval ?

Le système digestif du cheval est particulièrement original. Il est le résultat de plusieurs millions d’années d’évolution au cours desquelles l’espèce s’est adaptée à une consommation quasi continue d’herbe pauvre en énergie.

Aujourd’hui encore, cette physiologie explique pourquoi le cheval reste particulièrement sensible aux erreurs alimentaires.

Selon l’Institut Français du Cheval et de l’Équitation (IFCE), un cheval passe naturellement entre 14 et 18 heures par jour à s’alimenter. Son estomac est relativement petit (8 à 15 litres) et sécrète de l’acide chlorhydrique de manière continue, même lorsque l’animal ne mange pas.

Cette particularité explique notamment la fréquence élevée des ulcères gastriques lorsque les périodes de jeûne sont trop longues.

Après le passage dans l’estomac puis l’intestin grêle, les fibres alimentaires arrivent dans le gros intestin où elles sont fermentées par des milliards de micro-organismes.

Ce microbiote intestinal constitue un véritable organe à part entière.

Il intervient notamment dans :

  • la digestion des fibres ;
  • la production d’acides gras volatils, principale source d’énergie du cheval ;
  • la synthèse de certaines vitamines ;
  • le développement du système immunitaire ;
  • la protection contre certaines bactéries pathogènes.

L’IFCE rappelle que le maintien de cet équilibre microbien dépend fortement de la qualité de l’alimentation et de la régularité des apports alimentaires.


Une flore intestinale particulièrement fragile

Le microbiote équin peut être perturbé par de nombreux facteurs.

Parmi les plus fréquents figurent :

  • une ration trop riche en céréales ;
  • des changements alimentaires brutaux ;
  • une consommation insuffisante de fourrages ;
  • le stress ;
  • les compétitions ;
  • les transports répétés ;
  • certains traitements antibiotiques ;
  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

Lorsque cet équilibre est rompu, plusieurs phénomènes peuvent apparaître :

  • baisse de diversité bactérienne ;
  • prolifération de bactéries opportunistes ;
  • production excessive d’acide lactique ;
  • diminution du pH intestinal ;
  • altération de la muqueuse digestive.
  • Ces perturbations favorisent alors l’apparition de troubles digestifs parfois discrets mais persistants.

Le RESPE (Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine) souligne d’ailleurs que les coliques et les affections digestives demeurent parmi les premières causes d’urgence vétérinaire chez le cheval en France.


L’inflammation digestive : un phénomène souvent sous-estimé

Pendant longtemps, les troubles digestifs étaient principalement associés aux coliques ou aux ulcères gastriques.

Les recherches récentes montrent cependant que des phénomènes inflammatoires beaucoup plus discrets peuvent également avoir des conséquences importantes sur la santé générale.

Chez certains chevaux, cette inflammation chronique de faible intensité peut contribuer à :

  • une moins bonne valorisation de la ration ;
  • une perte d’état ;
  • des crottins irréguliers ;
  • une récupération sportive plus difficile ;
  • une baisse des performances ;
  • une diminution du confort digestif.

Les chercheurs s’intéressent aujourd’hui au rôle de certains médiateurs inflammatoires produits au niveau intestinal.

Lorsque ces médiateurs sont présents en excès, ils peuvent altérer progressivement la fonction de barrière de l’intestin.

Cette situation est parfois désignée sous le terme d’hyperperméabilité intestinale, ou “leaky gut”, bien que ce terme soit davantage utilisé en recherche qu’en pratique clinique.

Plusieurs études menées chez le cheval montrent que le transport, l’exercice intense ou certains traitements médicamenteux peuvent augmenter temporairement cette perméabilité intestinale, favorisant le passage de molécules inflammatoires dans la circulation sanguine.

Ces observations expliquent pourquoi la recherche explore aujourd’hui différentes approches nutritionnelles visant à soutenir l’intégrité de la muqueuse digestive.

Parmi les pistes étudiées figurent notamment :

  • les prébiotiques ;
  • les probiotiques ;
  • les levures vivantes ;
  • certaines fibres fonctionnelles comme le psyllium ;
  • mais également des plantes possédant des propriétés anti-inflammatoires, dont la Boswellia.


Sources citées dans cette première partie

Sources françaises

  • IFCE – Institut français du cheval et de l’équitation. Alimentation et physiologie digestive du cheval.
  • RESPE – Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine. Prévention des coliques et santé digestive.
  • AVEF – Association Vétérinaire Équine Française. Dossiers techniques consacrés aux ulcères gastriques équins.

Sources scientifiques internationales

  • Ammon HPT. Boswellia serrata: From traditional medicine to modern pharmacology.
  • Siddiqui MZ. Boswellia serrata, a potential anti-inflammatory agent.
  • Cipriano-Salazar M. et al. The Dietary Components and Feeding Management as Options to Offset Digestive Disturbances in Horses. Journal of Equine Veterinary Science, 2019.

Microbiote intestinal, inflammation digestive et hyperperméabilité : pourquoi ces mécanismes intéressent la recherche équine ?

Le microbiote intestinal : un acteur majeur de la santé du cheval

Pendant longtemps, l’intestin a été considéré uniquement comme un organe permettant la digestion et l’absorption des nutriments.

Les recherches modernes ont profondément changé cette vision. Le tube digestif est aujourd’hui considéré comme un véritable écosystème dans lequel vivent des milliards de micro-organismes : bactéries, champignons, archées et autres microorganismes.

Chez le cheval, cette communauté microbienne joue un rôle essentiel dans la digestion des fibres végétales.

Contrairement aux animaux monogastriques comme l’Homme ou le chien, le cheval possède un gros intestin particulièrement développé où s’effectue une fermentation microbienne intense.

Les bactéries présentes dans le cæcum et le côlon transforment les fibres alimentaires en acides gras volatils (AGV) :

  • acétate ;
  • propionate ;
  • butyrate.

Ces molécules représentent une source d’énergie importante pour le cheval et participent également au maintien d’une muqueuse intestinale saine.

Le butyrate, en particulier, est reconnu pour son rôle dans :

  • la nutrition des cellules intestinales ;
  • le maintien de la barrière digestive ;
  • la régulation de certaines réponses immunitaires.

Ainsi, préserver l’équilibre du microbiote revient indirectement à préserver la santé digestive globale.


Dysbiose : quand l’équilibre intestinal est perturbé

On parle de dysbiose lorsque l’équilibre naturel entre les différentes populations microbiennes intestinales est perturbé.

Chez le cheval, cette situation peut apparaître après :

  • une augmentation rapide de la quantité de céréales dans la ration ;
  • une diminution de la consommation de fourrage ;
  • un changement brutal d’alimentation ;
  • un transport prolongé ;
  • un stress important ;
  • certaines médications.

Une ration trop riche en amidon peut notamment dépasser les capacités digestives de l’intestin grêle.

Une partie de cet amidon arrive alors dans le gros intestin où il est rapidement fermenté par certaines bactéries.

Cette fermentation excessive peut provoquer :

  • une augmentation de l’acidité intestinale ;
  • une diminution des bactéries cellulolytiques utiles à la digestion des fibres ;
  • une production accrue de composés inflammatoires.

Selon plusieurs travaux publiés dans le domaine de la nutrition équine, les perturbations du microbiote pourraient participer à l’apparition de troubles digestifs, notamment les coliques liées aux changements alimentaires.

La gestion alimentaire reste donc le premier levier pour préserver la santé intestinale.

La Boswellia ne peut pas compenser une alimentation inadaptée, mais son intérêt potentiel réside dans son action sur un autre niveau : la modulation de l’inflammation.


L’intestin : une barrière protectrice essentielle

La paroi intestinale ne sert pas uniquement à absorber les nutriments.

Elle constitue également une barrière physique et immunitaire permettant de contrôler les échanges entre le contenu digestif et l’organisme.

Cette barrière repose notamment sur :

  • les cellules épithéliales intestinales ;
  • le mucus protecteur ;
  • les jonctions serrées (“tight junctions”) reliant les cellules entre elles ;
  • le système immunitaire intestinal.

Ces jonctions serrées jouent un rôle fondamental.

Elles permettent de laisser passer les nutriments utiles tout en limitant l’entrée de substances indésirables provenant du tube digestif.

Lorsque cette barrière devient moins efficace, certaines molécules bactériennes comme les lipopolysaccharides (LPS) peuvent traverser plus facilement la paroi intestinale.

Les LPS sont des composants de la membrane externe de certaines bactéries Gram négatif.

Lorsqu’ils passent dans la circulation sanguine en quantité excessive, ils peuvent stimuler fortement le système immunitaire et favoriser une réponse inflammatoire.


Hyperperméabilité intestinale chez le cheval : un sujet de recherche récent

Le concept d’hyperperméabilité intestinale est encore relativement récent en médecine vétérinaire équine.

Il ne s’agit pas d’une maladie en soi mais plutôt d’un mécanisme biologique pouvant accompagner différentes situations de stress digestif.

Plusieurs études ont cherché à comprendre comment les conditions de vie modernes du cheval pouvaient influencer cette fonction de barrière.

Une étude publiée dans Equine Veterinary Journal a notamment montré que l’association entre transport en van et exercice physique pouvait augmenter certains marqueurs associés à une altération temporaire de la perméabilité intestinale chez le cheval.

Les auteurs suggèrent que les contraintes physiques et psychologiques liées au transport et à l’effort pourraient contribuer à une activation inflammatoire systémique.

Source :

McGilloway et al.
The combination of trailer transport and exercise increases gastrointestinal permeability and markers of systemic inflammation in horses.
Equine Veterinary Journal, 2023.


Le rôle du stress dans la santé digestive

Le cheval est une espèce particulièrement sensible au stress.

Transport, changement d’environnement, séparation sociale, compétition ou modification de routine peuvent provoquer une activation importante de l’axe :

cerveau → système nerveux → système hormonal → intestin

Ce phénomène est appelé axe intestin-cerveau.

Chez l’Homme comme chez l’animal, les recherches montrent que le stress chronique peut modifier :

  • la composition du microbiote ;
  • la motricité digestive ;
  • la perméabilité intestinale ;
  • la réponse immunitaire.

Chez le cheval de sport, cette problématique est particulièrement intéressante.

Un cheval peut sembler performant extérieurement tout en subissant intérieurement des contraintes importantes :

  • déplacements fréquents ;
  • alimentation fractionnée différemment de son comportement naturel ;
  • périodes sans accès au fourrage ;
  • efforts intenses.

Ces facteurs expliquent pourquoi les professionnels cherchent aujourd’hui à soutenir la santé digestive par une approche globale.


Les anti-inflammatoires et la problématique digestive

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont très utilisés en médecine vétérinaire équine.

Parmi les molécules courantes figurent notamment :

  • la phénylbutazone ;
  • la flunixine méglumine ;
  • le méloxicam.

Ces traitements sont précieux lorsqu’ils sont utilisés dans un cadre vétérinaire adapté.

Cependant, leur utilisation prolongée peut avoir des effets secondaires digestifs.

Les AINS agissent principalement en inhibant les enzymes cyclo-oxygénases (COX), impliquées dans la production de prostaglandines.

Or certaines prostaglandines jouent également un rôle protecteur au niveau digestif :

  • maintien du flux sanguin de la muqueuse ;
  • production de mucus ;
  • protection de la paroi gastrique.

La diminution de ces mécanismes protecteurs explique pourquoi une utilisation prolongée d’AINS peut augmenter le risque de troubles digestifs chez certains chevaux.

Des études expérimentales ont montré que certains AINS pouvaient influencer l’intégrité digestive et la microbiote intestinal équin.

Source :

Wilson et al.
Effect of selective versus nonselective cyclooxygenase inhibitors on gastric ulceration scores and intestinal inflammation in horses.
Journal of Veterinary Internal Medicine.


Pourquoi une plante anti-inflammatoire comme la Boswellia intéresse les chercheurs ?

Face à ces problématiques, l’objectif n’est pas de remplacer les traitements vétérinaires nécessaires.

L’approche actuelle consiste plutôt à rechercher des solutions complémentaires permettant de soutenir les mécanismes naturels de régulation de l’organisme.

La Boswellia attire l’attention car son mécanisme d’action est différent de celui des AINS classiques.

Les acides boswelliques semblent principalement agir sur :

  • la voie de la 5-lipoxygénase ;
  • la production de leucotriènes ;
  • certaines cytokines inflammatoires.

Les leucotriènes sont des médiateurs produits naturellement par l’organisme lors des réactions inflammatoires.

Lorsqu’ils sont produits en excès, ils peuvent participer au recrutement de cellules immunitaires et au maintien d’une inflammation chronique.

En modulant cette voie, la Boswellia pourrait contribuer à maintenir une réponse inflammatoire équilibrée.

C’est précisément cette propriété qui explique son intérêt potentiel dans le domaine digestif.


Boswellia et digestion du cheval : ce que l’on peut réellement dire aujourd’hui

À ce jour, il faut rester prudent.

Les données scientifiques disponibles permettent d’affirmer que :

✅ La Boswellia possède des propriétés anti-inflammatoires démontrées dans plusieurs modèles biologiques.

✅ Les acides boswelliques agissent sur des voies impliquées dans l’inflammation.

✅ L’inflammation chronique et les perturbations de la barrière intestinale sont des sujets importants en santé digestive équine.

En revanche :

❌ Il n’existe pas actuellement suffisamment d’études cliniques pour affirmer que la Boswellia guérit ou traite les troubles digestifs du cheval.

La formulation la plus scientifiquement correcte est donc :

La Boswellia peut représenter un soutien nutritionnel intéressant pour accompagner l’équilibre inflammatoire de l’organisme, notamment lorsque le cheval est soumis à des situations favorisant le stress digestif.


Sources citées dans cette partie

Sources françaises

  • IFCE – Institut Français du Cheval et de l’Équitation. Dossiers alimentation, digestion et gestion du risque digestif chez le cheval.
  • AVEF – Association Vétérinaire Équine Française. Informations vétérinaires sur les ulcères gastriques et les troubles digestifs.
  • CIRALE – Centre d’Imagerie et de Recherche sur les Affections Locomotrices Équines. Travaux sur les pathologies équines et interactions inflammation/santé générale.

Sources scientifiques

  • McGilloway M. et al. The combination of trailer transport and exercise increases gastrointestinal permeability and markers of systemic inflammation in horses. Equine Veterinary Journal, 2023.
  • Wilson D.A. et al. Effect of selective versus nonselective cyclooxygenase inhibitors on gastric ulceration scores and intestinal inflammation in horses.
  • Ammon HPT. Boswellia serrata: from traditional medicine to modern pharmacology.
  • Siddiqui MZ. Boswellia serrata, a potential anti-inflammatory agent.

Comment agit réellement la Boswellia ? Les mécanismes scientifiques des acides boswelliques et leur intérêt potentiel chez le cheval

La Boswellia : une plante étudiée pour son action sur l’inflammation

L’intérêt scientifique porté à la Boswellia repose principalement sur une famille de molécules présentes dans sa résine : les acides boswelliques.

Contrairement à certaines plantes traditionnellement utilisées pour leur effet digestif direct, comme certaines fibres mucilagineuses, la Boswellia agit principalement sur les mécanismes biologiques impliqués dans la réponse inflammatoire.

Cette distinction est essentielle pour comprendre son intérêt chez le cheval.

La Boswellia ne “nettoie” pas le système digestif et ne possède pas une action mécanique sur la digestion. Son intérêt potentiel repose sur sa capacité à participer à l’équilibre des processus inflammatoires qui peuvent accompagner certaines situations de stress digestif.


Les acides boswelliques : les principaux actifs de la plante

La résine de Boswellia serrata contient plusieurs composés bioactifs.

Parmi eux, les plus étudiés sont :

  • l’acide β-boswellique ;
  • l’acide acétyl-β-boswellique ;
  • l’acide 11-céto-β-boswellique (KBA) ;
  • l’acide acétyl-11-céto-β-boswellique (AKBA).

L’AKBA est particulièrement étudié car il présente une activité importante sur une enzyme appelée :

5-lipoxygénase (5-LOX).

Cette enzyme intervient dans la transformation de certains acides gras membranaires en molécules appelées leucotriènes.


Comprendre simplement la voie des leucotriènes

Lorsqu’un organisme subit une agression (infection, blessure, stress cellulaire), les cellules immunitaires libèrent différents médiateurs destinés à organiser la réponse de défense.

Parmi ces médiateurs figurent :

  • les prostaglandines ;
  • les cytokines ;
  • les leucotriènes.

Ces molécules sont indispensables dans une réponse inflammatoire normale.

Le problème apparaît lorsque cette inflammation devient excessive ou persistante.

Les leucotriènes peuvent alors contribuer à :

  • l’activation prolongée des cellules immunitaires ;
  • l’augmentation de la perméabilité des tissus ;
  • l’entretien d’une inflammation chronique.

Les acides boswelliques, notamment l’AKBA, semblent capables de limiter l’activité de la 5-LOX et donc de réduire la production de certains leucotriènes.

C’est cette action qui explique une grande partie de l’intérêt scientifique de la Boswellia.


Boswellia et inflammation : une approche différente des AINS

Cette particularité est importante.

Les anti-inflammatoires classiques utilisés en médecine vétérinaire, comme certains AINS, agissent principalement en bloquant les enzymes cyclo-oxygénases :

  • COX-1 ;
  • COX-2.

Ces enzymes participent à la production de prostaglandines.

Certaines prostaglandines sont impliquées dans la douleur et l’inflammation, mais d’autres jouent également un rôle protecteur, notamment au niveau digestif.

C’est pourquoi les AINS doivent toujours être utilisés avec précaution et dans un cadre vétérinaire adapté.

La Boswellia présente un mécanisme différent.

Elle agit principalement sur la voie des leucotriènes et non directement sur la synthèse des prostaglandines protectrices.

Cette différence explique pourquoi les chercheurs s’intéressent à la Boswellia comme solution complémentaire de soutien, notamment dans les situations où l’on cherche à accompagner l’équilibre inflammatoire sans reproduire exactement le mode d’action des AINS.

Il est toutefois important de préciser :

La Boswellia ne remplace pas un traitement vétérinaire anti-inflammatoire lorsque celui-ci est nécessaire.


Les effets étudiés de la Boswellia sur la sphère digestive

Les recherches sur la Boswellia et le système digestif proviennent principalement d’études humaines et de modèles animaux.

Plusieurs travaux ont étudié son intérêt potentiel dans des situations associées à une inflammation intestinale.

Les mécanismes étudiés concernent notamment :

1. La modulation des cytokines inflammatoires

Les cytokines sont des molécules de communication produites par les cellules immunitaires.

Certaines cytokines pro-inflammatoires, comme :

  • TNF-α ;
  • IL-1β ;
  • IL-6,

participent à l’activation et au maintien de l’inflammation.

Certaines études indiquent que les extraits de Boswellia pourraient influencer la production de ces médiateurs.

2. Le soutien de la barrière intestinale

La muqueuse intestinale représente une frontière essentielle entre :

  • le contenu digestif ;
  • l’organisme.

Lorsque cette barrière devient moins efficace, certains composants bactériens peuvent traverser plus facilement et stimuler le système immunitaire.

Les recherches actuelles explorent le rôle possible de certains composés végétaux dans le maintien de cette barrière.

Concernant la Boswellia, les données sont encore principalement issues de modèles expérimentaux, mais plusieurs mécanismes observés sont compatibles avec un rôle potentiel dans le soutien de l’intégrité intestinale.

3. La modulation de certaines réactions immunitaires

Le tube digestif contient une grande partie du système immunitaire de l’organisme.

Une inflammation digestive excessive peut perturber :

  • le microbiote ;
  • l’absorption ;
  • la régularité digestive.

Une plante capable de participer à la régulation de certaines voies inflammatoires pourrait donc présenter un intérêt dans une approche globale de prévention.


Que disent les études scientifiques chez l’Homme ?

Même si l’objectif de cet article concerne le cheval, les recherches humaines permettent de mieux comprendre les mécanismes biologiques.

Plusieurs études ont évalué la Boswellia dans différentes situations inflammatoires.

Par exemple, des travaux ont étudié son utilisation dans :

  • certaines maladies inflammatoires intestinales ;
  • l’arthrose ;
  • les inflammations chroniques.

Dans le domaine digestif, certaines études suggèrent un intérêt potentiel dans la colite inflammatoire.

Une revue publiée dans Frontiers in Pharmacology souligne que les acides boswelliques possèdent plusieurs propriétés biologiques :

  • anti-inflammatoires ;
  • antioxydantes ;
  • immunomodulatrices.

Cependant, les auteurs rappellent également que la qualité des extraits, les doses utilisées et les protocoles d’étude peuvent influencer fortement les résultats.

Source :

  • Abdel-Tawab M. et al. Boswellia serrata: An overview of phytochemistry, pharmacology and clinical applications.
  • Frontiers in Pharmacology.


Quel lien avec les troubles digestifs du cheval ?

Le lien entre Boswellia et digestion équine repose donc sur un raisonnement scientifique en plusieurs étapes :

Étape 1 :

Le cheval peut être soumis à des situations favorisant une inflammation digestive :

  • stress ;
  • transport ;
  • effort intense ;
  • alimentation déséquilibrée ;
  • certains traitements.

Étape 2 :

Cette inflammation peut perturber :

  • la muqueuse digestive ;
  • la perméabilité intestinale ;
  • l’équilibre du microbiote.

Étape 3 :

La Boswellia possède des propriétés biologiques capables de moduler certaines voies inflammatoires.

Conclusion logique :

Elle pourrait représenter un soutien nutritionnel intéressant dans une stratégie globale visant à maintenir un équilibre digestif.

Mais cette conclusion doit rester prudente.

Il ne faut pas transformer une hypothèse biologique en affirmation thérapeutique.


Boswellia chez le cheval : quelles attentes réalistes ?

Lorsqu’un propriétaire choisit un complément contenant de la Boswellia, l’objectif ne devrait pas être de “soigner” un problème digestif identifié.

Une approche plus adaptée consiste à rechercher un accompagnement :

  • du confort digestif ;
  • de l’équilibre inflammatoire ;
  • de la récupération après l’effort ;
  • de la résistance aux périodes de stress.

La réussite d’une stratégie digestive repose toujours d’abord sur :

✅ une alimentation adaptée aux besoins du cheval ;
✅ un accès suffisant au fourrage ;
✅ une gestion correcte des transitions alimentaires ;
✅ une limitation du stress ;
✅ un suivi vétérinaire en cas de signes cliniques.

La phytothérapie intervient comme un élément complémentaire.

À retenir

La Boswellia serrata est une plante dont les acides boswelliques, notamment l’AKBA, sont étudiés pour leur capacité à moduler certaines voies inflammatoires. Chez le cheval, son intérêt potentiel concerne davantage le soutien de l’équilibre inflammatoire général que le traitement direct des troubles digestifs.


Sources citées dans cette partie

Sources scientifiques internationales

  • Ammon HPT. Boswellia serrata: from traditional medicine to modern pharmacology.
  • Siddiqui MZ. Boswellia serrata, a potential anti-inflammatory agent.
  • Abdel-Tawab M. et al. Boswellia serrata: An overview of phytochemistry, pharmacology and clinical applications.
  • Sailer ER et al. Studies on boswellic acids and 5-lipoxygenase inhibition.

Sources françaises utilisées pour le contexte équin

  • IFCE – Institut Français du Cheval et de l’Équitation : alimentation, digestion et prévention des troubles digestifs du cheval.
  • AVEF – Association Vétérinaire Équine Française : approche vétérinaire des inflammations et affections digestives équines.

Que disent réellement les études chez le cheval ? Résultats disponibles, limites scientifiques et place de la Boswellia dans une stratégie digestive équine

La Boswellia chez le cheval : entre intérêt scientifique et prudence nécessaire

L’intérêt pour les plantes médicinales chez le cheval connaît un développement important depuis plusieurs années.

Les propriétaires, entraîneurs et professionnels recherchent de plus en plus des solutions naturelles capables d’accompagner la santé de leur cheval, notamment dans les domaines :

  • du confort locomoteur ;
  • de la récupération après l’effort ;
  • de la gestion du stress ;
  • du soutien digestif.

La Boswellia fait partie des plantes qui attirent particulièrement l’attention en raison de son potentiel anti-inflammatoire démontré dans plusieurs espèces.

Cependant, une question essentielle doit être posée :

Existe-t-il aujourd’hui suffisamment d’études démontrant une efficacité directe de la Boswellia sur les troubles digestifs du cheval ?

La réponse est claire :

Non, pas encore.

Les données disponibles chez l’équidé restent limitées par rapport aux recherches humaines.

Cela ne signifie pas que la plante est sans intérêt, mais simplement que son utilisation doit être replacée dans le cadre correct :

➡️ un complément alimentaire destiné à soutenir certains mécanismes physiologiques ;
➡️ et non un traitement médical des pathologies digestives.

Cette distinction est fondamentale pour conserver une approche scientifique et responsable.


Une étude équine intéressante : Boswellia, curcuma et molène chez des chevaux de sport

L’une des études les plus intéressantes concernant l’utilisation de la Boswellia chez le cheval a été publiée en 2023 dans la revue scientifique Life.

Les chercheurs ont évalué l’effet d’une supplémentation associant plusieurs plantes :

  • Boswellia serrata ;
  • Curcuma longa ;
  • Verbascum thapsus (molène).

L’étude a été menée chez des chevaux de saut d’obstacles.

Les chercheurs se sont intéressés à différents marqueurs biologiques associés à l’inflammation et au stress oxydatif.

Les résultats ont montré une modulation de certains marqueurs inflammatoires, notamment :

  • une diminution de l’expression de certaines cytokines ;
  • une évolution favorable de certains paramètres liés à la réponse inflammatoire.

Ces résultats sont intéressants car ils confirment que certaines associations de plantes peuvent influencer des mécanismes biologiques chez le cheval.

Cependant, il existe une limite importante :

La formulation utilisée contenait plusieurs plantes.

Il n’est donc pas possible d’attribuer uniquement à la Boswellia les effets observés.

Cette précision est importante dans l’interprétation scientifique.

Source :

Dietary Supplementation with Boswellia serrata, Verbascum thapsus, and Curcuma longa in Show Jumping Horses.
Life, 2023.


Boswellia et inflammation liée à l’effort chez le cheval

Le cheval de sport représente un modèle particulièrement intéressant pour étudier l’inflammation.

Un effort intense provoque naturellement :

  • une augmentation du métabolisme musculaire ;
  • une production accrue de radicaux libres ;
  • une activation temporaire du système immunitaire.

Cette réaction est normale.

Elle participe aux phénomènes d’adaptation permettant au cheval de progresser.

Le problème apparaît lorsque les contraintes dépassent les capacités d’adaptation :

  • entraînement trop intense ;
  • récupération insuffisante ;
  • stress chronique ;
  • alimentation inadaptée.

Dans ces situations, une inflammation de faible intensité peut s’installer.

C’est dans ce contexte que les plantes à action modulatrice, comme la Boswellia, suscitent un intérêt.

L’objectif n’est pas de supprimer totalement l’inflammation.

L’inflammation est indispensable.

L’objectif recherché est plutôt de favoriser un équilibre physiologique entre :

  • réaction inflammatoire nécessaire ;
  • retour à l’équilibre après l’effort.


Transport, compétition et stress digestif : une situation où la recherche évolue

Les chevaux de compétition sont particulièrement exposés aux facteurs pouvant perturber leur équilibre digestif.

Un déplacement en concours implique souvent :

  • plusieurs heures de transport ;
  • modification des horaires alimentaires ;
  • environnement inhabituel ;
  • diminution du repos ;
  • stress psychologique.

Une étude publiée dans Equine Veterinary Journal a montré que l’association transport + exercice pouvait entraîner :

  • une augmentation de certains marqueurs inflammatoires ;
  • une modification temporaire de la perméabilité intestinale.

Ces résultats sont importants car ils montrent que le système digestif du cheval n’est pas isolé du reste de l’organisme.

Le stress physique et psychologique peut avoir des conséquences mesurables au niveau intestinal.

Source :

McGilloway et al.
The combination of trailer transport and exercise increases gastrointestinal permeability and markers of systemic inflammation in horses.
Equine Veterinary Journal, 2023.


Le rôle potentiel de la Boswellia dans cette approche globale

À partir des connaissances actuelles, plusieurs hypothèses peuvent être formulées.

La Boswellia pourrait être intéressante chez certains chevaux soumis à :

1. Des périodes de stress important

Exemples :

  • transport ;
  • changement d’environnement ;
  • reprise du travail ;
  • compétition.

Le stress pouvant influencer l’équilibre inflammatoire et digestif, une plante modulant certaines voies inflammatoires pourrait représenter un soutien complémentaire.

2. Des chevaux sportifs soumis à une forte sollicitation

Les chevaux de haut niveau cumulent souvent :

  • entraînement régulier ;
  • déplacements ;
  • contraintes mécaniques ;
  • récupération nécessaire.

Une approche nutritionnelle globale peut inclure différents leviers :

  • qualité du fourrage ;
  • gestion de l’alimentation énergétique ;
  • apport en fibres adaptées ;
  • soutien du microbiote ;
  • apport de plantes fonctionnelles.

3. Des chevaux vieillissants

Avec l’âge, certains chevaux présentent une capacité d’adaptation moins importante face aux différentes agressions physiologiques.

Sans parler de “traiter” une maladie, un soutien nutritionnel adapté peut contribuer à accompagner leur confort général.


Boswellia et troubles digestifs : quelles indications peut-on raisonnablement évoquer ?

D’un point de vue scientifique, il est préférable d’éviter des formulations comme :

❌ “La Boswellia soigne les ulcères du cheval.”
❌ “La Boswellia traite les coliques.”
❌ “La Boswellia guérit les inflammations intestinales.”

Ces affirmations ne sont pas démontrées.

En revanche, des formulations plus justes sont :

✅ “La Boswellia participe au soutien de l’équilibre inflammatoire.”
✅ “Elle peut accompagner une démarche globale de confort digestif.”
✅ “Ses composés actifs sont étudiés pour leur action sur certaines voies inflammatoires.”

Cette nuance est particulièrement importante pour les professionnels du cheval et pour les propriétaires recherchant des informations fiables.


Comparaison avec d’autres plantes utilisées chez le cheval

La Boswellia n’est pas la seule plante étudiée dans le domaine de la santé digestive et inflammatoire.

Le curcuma

Le curcuma contient de la curcumine, étudiée pour :

  • ses propriétés antioxydantes ;
  • son action sur certaines voies inflammatoires.

Cependant, sa biodisponibilité naturelle est faible, ce qui explique l’intérêt des extraits spécifiques.

La réglisse

La réglisse est traditionnellement utilisée pour le confort digestif grâce à certains composés protecteurs des muqueuses.

Elle nécessite toutefois des précautions d’emploi, notamment chez certains chevaux sensibles.

Le psyllium

Le psyllium possède une approche différente.

Riche en mucilages, il forme un gel capable :

  • d’augmenter l’hydratation du contenu digestif ;
  • d’accompagner le transit ;
  • d’être utilisé dans certaines stratégies de prévention du sable digestif.

Les probiotiques et levures

Ils agissent davantage sur :

  • l’équilibre du microbiote ;
  • la fermentation digestive ;
  • la stabilité de la flore intestinale.


Une approche complémentaire plutôt qu’une solution unique

La santé digestive du cheval repose sur plusieurs piliers.

Aucune plante, aussi intéressante soit-elle, ne peut remplacer :

  • une alimentation adaptée ;
  • un accès suffisant au fourrage ;
  • une gestion correcte des transitions alimentaires ;
  • une observation régulière du cheval ;
  • un diagnostic vétérinaire lorsque des symptômes apparaissent.

La Boswellia trouve donc davantage sa place dans une stratégie globale visant à accompagner l’organisme.


À retenir

Les recherches disponibles montrent que la Boswellia possède des propriétés anti-inflammatoires intéressantes et que certaines associations végétales peuvent influencer des marqueurs inflammatoires chez le cheval. Toutefois, les études spécifiques sur les troubles digestifs équins restent encore insuffisantes. Son intérêt doit être considéré comme un soutien nutritionnel complémentaire et non comme un traitement.


Sources citées dans cette partie

Études équines

  • Dietary Supplementation with Boswellia serrata, Verbascum thapsus, and Curcuma longa in Show Jumping Horses.
    Life. 2023.
  • McGilloway M. et al.
    The combination of trailer transport and exercise increases gastrointestinal permeability and markers of systemic inflammation in horses.
    Equine Veterinary Journal. 2023.

Sources françaises

  • IFCE – Institut Français du Cheval et de l’Équitation.
    Dossiers sur alimentation, digestion et gestion du cheval de sport.
  • AVEF – Association Vétérinaire Équine Française.
    Informations vétérinaires sur les affections digestives et la prise en charge du cheval.
  • CIRALE – École Nationale Vétérinaire d’Alfort / Université de Caen Normandie.
    Travaux sur les pathologies digestives et inflammatoires du cheval.

Utilisation pratique de la Boswellia chez le cheval : critères de qualité, associations possibles, précautions et perspectives

Comment intégrer la Boswellia dans une démarche de soutien digestif ?

Lorsqu’un propriétaire souhaite intégrer une plante comme la Boswellia dans la ration de son cheval, il est essentiel de conserver une approche globale.

La santé digestive ne dépend jamais d’un seul ingrédient.

Avant de réfléchir à une supplémentation, les fondamentaux doivent toujours être respectés :

  • une quantité suffisante de fourrage de qualité ;
  • des repas fractionnés lorsque cela est nécessaire ;
  • des transitions alimentaires progressives ;
  • une consommation d’eau adaptée ;
  • une limitation des périodes prolongées sans accès à l’alimentation ;
  • une gestion du stress et du mode de vie.

La Boswellia intervient donc comme un élément complémentaire pouvant accompagner l’équilibre physiologique du cheval.

Elle ne doit pas être considérée comme une solution isolée face à un trouble digestif identifié.


Quels chevaux pourraient bénéficier d’un soutien à base de Boswellia ?

Même si les études spécifiques restent encore limitées chez le cheval, certaines situations peuvent justifier l’intérêt d’une approche nutritionnelle visant à soutenir l’équilibre inflammatoire.

Les chevaux de sport

Les chevaux soumis à un entraînement régulier sont exposés à plusieurs facteurs :

  • efforts musculaires répétés ;
  • stress des déplacements ;
  • compétitions fréquentes ;
  • récupération parfois insuffisante.

L’objectif d’une supplémentation n’est pas de supprimer l’inflammation naturelle liée à l’effort, car celle-ci participe aux mécanismes d’adaptation.

Il s’agit plutôt d’accompagner la capacité de l’organisme à revenir à l’équilibre après des périodes de sollicitation.

Les chevaux sensibles au stress digestif

Certains chevaux présentent une plus grande sensibilité digestive.

Les signes pouvant alerter le propriétaire peuvent être :

  • appétit irrégulier ;
  • crottins variables ;
  • inconfort lors des repas ;
  • perte d’état malgré une ration adaptée ;
  • changement de comportement.

Ces signes nécessitent toujours une réflexion globale :

  • analyse de la ration ;
  • contrôle dentaire ;
  • recherche d’une éventuelle douleur ;
  • avis vétérinaire si nécessaire.

La Boswellia peut éventuellement accompagner cette démarche, mais ne remplace pas l’identification de la cause.

Les chevaux âgés

Avec l’âge, les capacités d’adaptation de l’organisme peuvent évoluer.

Chez certains chevaux seniors, une attention particulière est portée :

  • à la qualité des fibres consommées ;
  • au maintien de l’état corporel ;
  • au confort général.

Une alimentation adaptée associée à certains compléments nutritionnels peut contribuer au maintien de leur qualité de vie.

Quelle forme de Boswellia choisir ?

Tous les produits à base de Boswellia ne sont pas équivalents.

La qualité d’un complément dépend notamment :

1. De l’espèce utilisée

L’espèce la plus étudiée scientifiquement est :

Boswellia serrata

Il est donc préférable de privilégier les produits indiquant clairement l’origine botanique.

2. De la concentration en acides boswelliques

Les effets biologiques observés dans les études sont liés aux acides boswelliques.

Un produit de qualité doit idéalement préciser :

  • la quantité de Boswellia utilisée ;
  • le taux d’acides boswelliques ;
  • la présence éventuelle d’AKBA.

Une poudre de résine brute et un extrait standardisé ne correspondent pas forcément au même niveau d’activité.

3. De la traçabilité

Comme pour toutes les plantes utilisées en complémentation animale, la qualité dépend également :

  • de l’origine de la matière première ;
  • des contrôles réalisés ;
  • de l’absence de contaminants ;
  • de la stabilité du produit.


Peut-on associer la Boswellia à d’autres compléments digestifs ?

Oui, dans une approche globale, la Boswellia peut être intégrée dans une stratégie combinant plusieurs leviers.

Les associations les plus cohérentes concernent des ingrédients ayant des rôles complémentaires.

Boswellia + probiotiques et levures

Les probiotiques et levures vivantes agissent principalement sur :

  • l’équilibre du microbiote intestinal ;
  • la fermentation digestive ;
  • la stabilité de la flore.

La Boswellia agit davantage sur les voies inflammatoires.

Ces deux approches peuvent donc être complémentaires :

  • les probiotiques soutiennent l’écosystème intestinal ;
  • la Boswellia accompagne l’équilibre inflammatoire.

Boswellia + psyllium

Le psyllium possède une action différente.

Ses mucilages forment un gel au contact de l’eau.

Il est traditionnellement utilisé chez le cheval pour accompagner :

  • le transit intestinal ;
  • l’élimination du sable digestif dans certaines situations ;
  • la régularité digestive.

L’association psyllium + Boswellia correspond donc à deux objectifs différents :

  • soutien mécanique et fonctionnel du transit ;
  • soutien de l’équilibre inflammatoire.

Boswellia + curcuma

Cette association est souvent proposée dans les compléments naturels.

Le curcuma contient de la curcumine, étudiée pour :

  • ses propriétés antioxydantes ;
  • son action sur différentes voies inflammatoires.

La Boswellia et le curcuma ont donc des mécanismes différents mais complémentaires.

Certaines études équines ont d’ailleurs utilisé des associations comprenant ces deux plantes.


Précautions d’utilisation

Même naturelle, une plante active biologiquement nécessite quelques précautions.

Toujours respecter les recommandations du fabricant

La concentration en principes actifs varie selon les extraits.

Une dose adaptée dépend notamment :

  • du poids du cheval ;
  • de la concentration du produit ;
  • de l’objectif recherché.

Demander conseil en cas de traitement médical

Un cheval recevant :

  • des anti-inflammatoires ;
  • des traitements digestifs ;
  • des médicaments chroniques ;

doit faire l’objet d’un avis vétérinaire avant toute association de compléments.

Juments gestantes ou allaitantes

En l’absence de données suffisantes, la prudence est recommandée chez les juments gestantes ou allaitantes.

Chevaux présentant une pathologie digestive

En cas de :

  • coliques répétées ;
  • perte d’état importante ;
  • diarrhée persistante ;
  • suspicion d’ulcères ;

la priorité reste un diagnostic vétérinaire.

Un complément alimentaire ne doit jamais retarder une prise en charge médicale.


Questions fréquentes (FAQ)

La Boswellia est-elle efficace contre les ulcères du cheval ?

Les études disponibles ne permettent pas d’affirmer que la Boswellia traite ou guérit les ulcères gastriques équins.

Son intérêt potentiel repose davantage sur son action étudiée sur certains mécanismes inflammatoires.

La prise en charge des ulcères nécessite une approche vétérinaire adaptée.

La Boswellia aide-t-elle la digestion du cheval ?

La Boswellia n’est pas une plante digestive au sens strict.

Elle ne facilite pas directement la digestion des fibres ou le transit.

Son intérêt potentiel concerne plutôt le soutien de l’équilibre inflammatoire général.

Peut-on donner de la Boswellia à un cheval de sport ?

La Boswellia est étudiée dans le contexte de l’inflammation liée à l’effort et certaines formulations ont été testées chez des chevaux sportifs.

Cependant, elle doit toujours être intégrée dans une gestion globale comprenant alimentation, récupération et suivi adapté.

Combien de temps faut-il donner de la Boswellia ?

La durée dépend du produit utilisé et de l’objectif recherché.

Comme pour beaucoup de compléments végétaux, les effets éventuels s’inscrivent généralement dans une démarche de soutien sur la durée plutôt qu’une action immédiate.


Conclusion : la Boswellia, une plante prometteuse mais encore à explorer chez le cheval

La Boswellia serrata est une plante particulièrement intéressante en raison de ses acides boswelliques et de leur capacité étudiée à moduler certaines voies inflammatoires.

Chez le cheval, son intérêt potentiel concerne principalement :

  • le soutien de l’équilibre inflammatoire ;
  • l’accompagnement des périodes de stress ;
  • la récupération après des sollicitations importantes ;
  • une approche globale du confort digestif.

Les connaissances scientifiques actuelles permettent d’expliquer pourquoi cette plante suscite un intérêt croissant.

Cependant, il est essentiel de rester rigoureux :

  • les études chez le cheval restent encore limitées ;
  • la Boswellia ne remplace pas un diagnostic vétérinaire ;
  • elle ne constitue pas un traitement des maladies digestives.

Son intérêt se situe donc dans une approche moderne de la nutrition équine :

préserver l’équilibre, accompagner les capacités naturelles de l’organisme et agir en complément d’une bonne gestion alimentaire.


Bibliographie complète

Sources françaises

IFCE – Institut Français du Cheval et de l’Équitation

La digestion chez le cheval : une physiologie adaptée à l’ingestion de fibres en continu
https://equipedia.ifce.fr/elevage-et-entretien/alimentation/nutrition-et-ration/la-digestion

Bien nourrir son cheval
https://equipedia.ifce.fr/elevage-et-entretien/alimentation/nutrition-et-ration/bien-nourrir-son-cheval

Les besoins alimentaires du cheval
https://equipedia.ifce.fr/elevage-et-entretien/alimentation/nutrition-et-ration/les-besoins-alimentaires-du-cheval

Ces trois dossiers couvrent notamment :

  • l’alimentation du cheval ;
  • la physiologie digestive ;
  • la prévention des troubles digestifs ;
  • les recommandations nutritionnelles.


RESPE – Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine

Accueil :
https://respe.net/

Fiches et actualités sanitaires :
https://respe.net/maladies-equines/

Le RESPE diffuse des informations de référence concernant les maladies digestives, les coliques, les maladies infectieuses et la surveillance sanitaire des équidés.


AVEF – Association Vétérinaire Équine Française

Commission Alimentation :
https://avef.fr/commissions/alimentation/  

Webinaires et ressources vétérinaires :
https://avef.fr/

L’AVEF publie régulièrement des contenus scientifiques concernant :

  • les ulcères gastriques ;
  • les coliques ;
  • l’alimentation clinique ;
  • la prise en charge digestive du cheval.  


CIRALE – Centre d’Imagerie et de Recherche sur les Affections Locomotrices Équines (Normandie)

Présentation :
https://www.cirale.com/

École vétérinaire de Normandie (UniLaSalle) :
https://www.unilasalle.fr/cirale

Le CIRALE est un centre de référence en médecine sportive et locomotrice équine. Ses travaux portent notamment sur les liens entre inflammation, performance, biomécanique et santé du cheval, en collaboration avec les vétérinaires, chercheurs et l’IFCE.

 


Sources scientifiques internationales

 

Références scientifiques

  1. Ammon H.P.T. (2006). Boswellia serrata: From traditional medicine to modern pharmacology.
    PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/?term=Boswellia+serrata+from+traditional+medicine+to+modern+pharmacology+Ammon  
  2. Siddiqui M.Z. (2011). Boswellia serrata, a potential anti-inflammatory agent: an overview. Indian Journal of Pharmaceutical Sciences, 73(3), 255–261.
    https://www.ijpsonline.com/articles/boswellia-serrata-a-potential-antiinflammatory-agent-an-overview.html  
  3. Ragab E.A. et al. (2024). The journey of boswellic acids from synthesis to pharmacological activities. Naunyn-Schmiedeberg’s Archives of Pharmacology.
    https://link.springer.com/article/10.1007/s00210-023-02725-w
  4. Sailer E.R. et al. Studies on boswellic acids and inhibition of 5-lipoxygenase.
    PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/?term=Sailer+boswellic+acids+5-lipoxygenase
  5. McGilloway M. et al. (2023). The combination of trailer transport and exercise increases gastrointestinal permeability and markers of systemic inflammation in horses. Equine Veterinary Journal.
    https://doi.org/10.1111/evj.13939
  6. Becatti M. et al. (2023). Dietary Supplementation with Boswellia serrata, Verbascum thapsus, and Curcuma longa in Show Jumping Horses. Life, 13(8), 1703.
    https://www.mdpi.com/2075-1729/13/8/1703
  7. Wilson D.A. et al. Effect of selective versus nonselective cyclooxygenase inhibitors on gastric ulceration scores and intestinal inflammation in horses.
    PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/?term=Wilson+cyclooxygenase+inhibitors+horses+gastric+ulceration
  8. Cipriano-Salazar M. et al. (2019). The Dietary Components and Feeding Management as Options to Offset Digestive Disturbances in Horses. Journal of Equine Veterinary Science.
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0737080619302695

 

 

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