La piroplasmose chez le Cheval

La piroplasmose chez le Cheval

La piroplasmose est d’actualité depuis plusieurs mois. En effet l’absence d’hiver avec des périodes de froid intense et longues ne contribuent pas à la réduction du principal vecteur responsable de la maladie : les tiques.

L’absence de rotation des prairies et aussi de leur entretien accroit les risques du maintien d’une population de tiques. Il est nécessaire de détruire les herbes hautes, broussailles, arbustes, qui peuvent constituer un habitat de choix pour les tiques.

De plus les chevaux voyagent sur le territoire de façon rapide et peuvent contribuer à la contamination de zone jusqu’à présent saine ou rarement touchée.

Babésiose ou Piroplasmose du cheval, bien qu'aujourd'hui cette maladie soit assez bien connue et par conséquent bien traitée, elle reste bien présente sur notre territoire.

La piroplasmose est due au développement et à la multiplication de parasites unicellulaires appartenant à deux genres différents de protozoaires : Theileria equi et Babesia caballi.

Cette maladie du cheval ressemble de près au paludisme chez l'homme. Elle est transmise par le tique (la femelle) qui en suçant le sang injecte le microbe de la "babésia". Le parasite s’installe dans les globules rouges qu’il finira par détruire ce qui explique l’apparition de cas d’anémie et de fatigue chez le cheval.

Elle ne demeure pas moins un réel problème notamment pour les chevaux de sport de niveau international. En effet, certains pays refusent l'entrée des chevaux infectés (porteurs sains ) par des babésies, c'est le cas des Etats-Unis où cette maladie est absente.

Rôle de la tique :

La tique n’est que l’hôte intermédiaire (le cheval est l'hôte définitif), celle-ci se contamine en mordant un animal déjà porteur de la maladie. Le processus de reproduction du microbe se déroule dans l’organisme de la tique contaminant notamment les ovaires ce qui donnera naissance à des générations de tiques porteuses de la maladie, qui infecteront un cheval sain lors d’un repas sanguin.

Chez les équidés, on peut rencontrer deux piroplasmes responsables de deux maladies distinctes :

•Babesia caballi responsable de la babésiose équine

•Theileria equi responsable de la theilériose équine

Leurs symptômes sont quasiment identiques. Par exemple, l’hyperthermie est plus prononcée pour la babésiose. Il n’est donc pas possible de différencier les deux maladies grâce aux symptômes. Seul un examen sanguin permet de déterminer le type de piroplasmose.

Une fois infecté le système immunitaire du cheval va produire des anticorps dirigés contre les piroplasmes. Le taux de concentration du parasite demeure faible pour la babésiose, c’est l’une des raison pour laquelle Babesia cabali ne reste que de 1 à 4 ans dans l’organisme du cheval. Le système immunitaire arrivant à se débarrasser dans le temps du parasite.

Pour la theilériose, le taux de concentration du parasite est plus élevé, la persistance pouvant être à vie chez le cheval.

Les symptômes de la piroplasmose chez le cheval :

Cette maladie peut s’exprimer sous plusieurs formes : suraigüe, aigüe, subaigüe (ou chronique) :

<> Forme suraigüe :

Plus fréquemment rencontrée chez les poulains, la maladie est alors appelée piroplasmose néonatale

Cette forme reste rare et conduit le plus souvent à la mort. Elle peut causer les symptômes suivants :

Anémie : baisse du taux en hémoglobine dans le sang

•Coloration jaune des muqueuses due à l’accumulation de bilirubine (produit de dégradation de l’hémoglobine) dans le sang

•Faiblesse

•Fièvre (mécanisme de défense contre le parasite)

•Pétéchies sur les muqueuses : petites taches rouges

 <> Forme aigüe : 

 C’est la forme la plus fréquente. Les symptômes sont les suivants :

•Forte et soudaine fièvre (>40 °C) provoquant une transpiration du cheval

Faiblesse

•Anorexie par perte d’appétit

•Ictère

•Œdème (au niveau des membres ou au-dessus des yeux)

•Congestion des muqueuses : dilatation des vaisseaux sanguins due à une trop grande quantité de sang (les muqueuses paraissent rouges).

•Présence de sang dans les urines

•Augmentation de la fréquence cardiaque

•Augmentation de la fréquence respiratoire

•Déshydratation

•Pétéchies

•Cheval couché sur le côté dû suite à la faiblesse

La forme chronique se caractérise par un amaigrissement, une baisse de l'état général, une baisse d'énergie et de volont au travail, un manque d'appétit, une anémie peu prononcée.

Traitements pour soigner la piroplasmose chez le cheval :

Pou traiter la babésiose, il n’existe qu’une seule molécule en France : l’imidocarbe (connu sous la marque Carbésia®), injecté en intramusculaire en deux injections à 24h d’intervalle (pour le cheval).

Cette molécule bloque la dégradation de l’acétylcholine qui est un neurotransmetteur. Une accumulation d’acétylcholine peut être à l’origine d’effets secondaires comme des signes de colique, diarrhée ou transpiration.

Pour la theilériose on utilise deux molécules différentes : l’imidocarbe (à des doses plus élevées) et l’oxytétracycline qui est un antibiotique à spectre large.

Quoi qu’il en soit aucune de ces deux molécules ne vont permettre d’éliminer totalement le parasite. Dans le cas de la theilériose le traitement vise à faire disparaître les symptômes.

Après traitement de la maladie, il sera important de réaliser un voir deux drainage afin d’inciter l’organisme de votre cheval à éliminer les toxines et les traces médicamenteuses.

Vous pouvez le complémenter avec du curcuma a qui la phytothérapie reconnaît des propriétés bénéfiques pour le foie.

 

Brèves fournie par R.DELHOMME - Distri’Horse33® Tous droits réservés.

Sources : 

http://cheval.kalianxis.com http://vetocheval.com/ 

Maladies du Cheval éditions France Agricole

Frédéric Beugnet, Georges Fayet, Jacques Guillot, Emmanuel Grange, Isabelle Desjardins et Hoan Dang. Abrégé de Parasitologie Clinique des Equidés – Parasitoses et mycoses internes, volume 2. Kalianxis, 2005. Piroplasmoses, p. 184-197.

Stéphanie Delattre. Etude bibliographique et rétrospective sur des chevaux testés positifs à la piroplasmose à la Clinéquine [en ligne]. Thèse Docteur Vétérinaire. Lyon : Université Claude-Bernard – Lyon I, 2014, 140 p.

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