Tares molles du cheval

Publié le : 03/06/2019 10:11:10
Catégories : ANATOMIE ET FONCTIONNEMENT CHEVAL , SANTE DU CHEVAL

Tares molles du cheval

Les tares dures chez le cheval avaient fait l’objet d’une brève il y a quelque temps maintenant sur le blog Distri’Horse 33®, aujourd’hui ce sont les tares molles qui sont à l’honneur. Sans gravité apparente, les tares molles sont matérialisées par des déformations localisées à des endroits précis. Les termes les plus récurrents résonnent dans la tête des cavaliers, on pense notamment aux “molettes”, “vessigons”, ou encore au “capelets”. Pourtant, il existe d’autres déformations (dont les dénominations restent moins connues car finalement moins répandues aussi) que l’on peut rencontrer. Comment survient l’apparition de ces tares ? Quel impact cela peut avoir sur le quotidien du cheval ?


Comment reconnaître une tare molle

De façon assez flagrante, on  identifie la présence de tare molle grâce à son aspect visuel. Parallèlement, en touchant la zone concernée, sa texture est relativement souple. De fait, ces déformations se trouvent juste sous la surface de la peau au niveau de ce que l’on appelle les tissus sous jacents. Ces tares molles sont situées majoritairement sur les membres, ou bien sur le garrot, voire encore sur la tête. Lorsqu’elles touchent les membres, les tares molles n’induisent pas nécessairement de boiteries ou de chaleurs. Ces éléments permettent de confirmer le diagnostic.


Quelles sont les origines des tares molles ?

Ce souci de santé évolue de manière progressive. Notons cependant qu’un choc peut faire apparaître une tare molle, de même qu’un traitement médical, une maladie, ou tout simplement : spontanément. Prenons l’exemple d’un cheval qui a pris l’habitude de se coucher en vache. Celui ci peut au fil du temps développer un “hygroma” du genou (le genou se déforme et finit par avoir un aspect très inesthétique). D’autres chevaux voient l’arrière d’une ou de leurs deux épaules se déformer également. En position couchée, les fers des membres antérieurs viennent appuyer et / ou frotter le dessous de l’épaule. Survient alors une “éponge”. Le phénomène s’apparente quasiment à ce que nous autres humains pouvons appeler “cales”. Néanmoins, ces cales (surplus de peau qui se durcissent) sont localisés surtout au niveau des pieds et des mains. En tout état de cause, des traumatismes et des inflammations expliquent l’apparition des tares molles.


Les différents types de tares molles

Portons en premier lieu notre attention sur les tares molles localisées au niveau des membres du cheval.


La fameuse éponge (hygroma du coude) évoquée précédemment : sous l’épaule, elle apparaît suite à des contacts et frottements répétés lorsque le cheval est coutumier de la position en “vache” quand il se couche.

Le vessigon tendineux localisé au dessus et / ou derrière le genou. Principalement dû à des pressions exercées sur l’articulation, ce vessigon peut atteindre des dimensions spectaculaires puis dans les cas extrêmes, sévèrement gêner le cheval touché. Le vessigon tendineux a une forme allongée.

La molette tendineuse quant à elle, est souvent constatée et ce chez de nombreux chevaux. Les membres que l’on dit engorgés, ont un aspect gonflé. Les postérieurs sont davantage sujets à ces molettes. Cela s’explique parfois par le facteur héréditaire, mais la cause la plus montrée du doigt reste : le manque de mobilité. Un cheval passant beaucoup de temps au box marche moins qu’un individu au pré, le pied est moins sollicité pour renvoyer sang et lymphe vers le haut du membre… Résultat : une sorte d'oedème récurrent à l’arrière des tendons.

La molette articulaire se situe sur le boulet. Localisée entre le canon et le tendon suspenseur du boulet, elle est visible sur la face postérieure du boulet.

Ces deux types de molettes peuvent survenir suite à un défaut d’aplomb.

Le vessigon articulaire, également situé dans le périmètre du genou, ou bien du jarret ou du boulet, est causé par des flexions nombreuses ou permanentes sur des articulations très sollicitées durant l’effort. Ce vessigon a une forme arrondie, il est peu aisé à traiter.

Le vessigon rotulien, comme son nom l’indique, apparaît sur les contours de la rotule (de part et d’autre du grasset). Il est causé par un dysfonctionnement de cette articulation. L’accrochage de la rotule, à la longue, finit par fragiliser la mécanique puis par l’abîmer.

Le vessigon calcanéen se constate assez facilement. En observant un jarret gonflé : la pointe du jarret est moins dessinée puisqu’entourée de gonfle. Ce vessigon témoigne bien souvent d’un travail trop important ou mal adapté pour le cheval touché. Parfois, les chevaux âgés dans leurs petits quarts d’heure de folie développent ce genre de vessigon. Leurs articulations fatiguent un peu, et leur activité réduite expliquent ces vessigons sans aucune gravité.

L’hygroma du genou est lié à la répétition de chocs sur des zones peu charnues. En l’occurrence le genou dans le cas où le cheval heurte régulièrement des obstacles.

L’hygroma du boulet relève de la même logique : des chevaux qui tapent dans le mur de leur box, ou à leur porte en cherchant à témoigner leur impatience. Le boulet étant peu charnu, il subit les mêmes désagréments que le genou lors de chocs trop récurrents.

L’hygroma du jarret est davantage rencontré chez les trotteurs attelés. Les frottements liés au sulky peuvent engendrer une déformation de la pointe du jarret. Cette tare est également appelée capelet. Les chevaux ayant tendance à beaucoup ruer auraient également des prédispositions à développer cela.

Nous arrivons ici aux tares molles localisées ailleurs que sur les membres du cheval.

L’hygroma du garrot, est dû à un matériel inadapté à la morphologie du cheval. Tapis, selle, surfaix qui engendrent parfois des frottements, puis de facto des blessures. L’épaisseur très mince entre l’os et la peau est un facteur favorisant les blessures. Plus le cheval va blesser, plus son anatomie va réagir : d’où l’apparition d'un hygroma à cet endroit.

La tête du cheval peut également être sujette à des tares molles. Notons que le phlegmon de la nuque en fait partie. Il arrive que certains chevaux blessent à cause de la têtière de leur licol ou de leur filet. Le phlegmon apparaît surtout chez les individus qui portent constamment un licol. Frottements, matériel mal ajusté… Il faut savoir anticiper sur les éventuelles blessures afin de ne pas avoir à déplorer de dommages plus importants qu’un bobo sans trop de gravité. Les équidés qui tirent au renard ont aussi des probabilités de se blesser et de subir l’apparition de phlegmons.

Enfin, le kyste sébacé de la fosse nasale entre dans la liste des tares dites molles pouvant se situer sur la tête du cheval. Ce type de tare est relativement peu répandu. En revanche, on le décèle grâce à une attention rigoureuse portée au cheval lors du pansage et autres vérifications d’usage. Si vous suspectez un naseau enflé, et que cette gonfle ne disparaît ou ne diminue pas sous quelques jours, c’est qu’aucun piqûre d’insecte n’est à incriminer…


Qu’y-a-t-il donc dans ces “gonfles”, alors qu’elles ne se situent pas toujours au même endroit ?

Une dilatation des poches synoviales ou des gaines tendineuses entraîne une déformation. La synovie ou liquide synovial a pour rôle de lubrifier les articulations. En cela, les cartilages coulissent correctement. Cependant, et c’est ici qu’une tare molle peut se manifester, il arrive que le liquide synovial soit produit de manière trop importante ou dans le cas d’une inflammation de la gaine tendineuse, de manière non suffisante (ténosynovite). Présente en trop petite ou trop grande quantité, la synovie a un rôle crucial dans le mécanisme articulaire, ainsi à partir de l’instant où un désordre synovial apparaît, il faut faire preuve de vigilance et surveiller afin de parvenir à limiter le problème.

Deux mots clés en matière de tares molles : PRÉVENTION et SOIN

La prévention et l’anticipation sont les tout premiers remèdes afin de faire passer un cheval à côté d’une tare molle. L’hygiène, la surveillance des petits bobos (on note principalement ceux qui sont susceptibles de toucher le garrot, la nuque, les petites atteintes sur les membres), une alimentation adaptée au cheval, ainsi que bien entendu un travail adéquat sur de bons sols, seront d’excellents ingrédients pour commencer. Pour les chevaux disposant de tous ces paramètres, mais sujets à l’hygroma du coude (du fait de leur manière de se coucher) : des anneaux de paturons relativement plus larges que ceux utilisés pour le travail existent. Ces accessoires empêchent le pied de se recroqueviller totalement, le fer ne vient alors pas frotter le coude.

Si d’aventure votre protégé est victime d’une tare molle, quelle qu’elle soit, consulter votre vétérinaire afin qu’il vous donne un diagnostic précis de même qu’une marche à suivre. Dans le cas par exemple des vessigons calcanéens, il peut être parfaitement possible de faire disparaître la gonfle. Avec force repos, douches quotidiennes de la zone, retour au travail en séances fragmentées, parfois traitements médicaux, le cheval retrouve un membre sec et en parfait état.

De manière générale, mettre le cheval au repos, fuir les terrains mous profonds et glissants vont contribuer à amoindrir les facteurs d’apparition d’une tare molle au niveau des membres. Prendre également l’habitude de doucher les membres du cheval après une séance de travail constitue un très bon préalable. Une ferrure aux propriétés amortissantes permet et d’anticiper et de limiter les dégâts si le cheval subit malheureusement la présence d’une tare molle.

Votre cheval a eu une tare molle ? Laquelle ? Comment avez vous pris les choses en main et quelle a été l’issue pour la santé de votre cheval ? Nous vous invitons à nous communiquer vos témoignages !


Article proposée par ALJ - Distri'Horse33® - ©Tous droits réservés

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